chez ces gens-là

La fabrication des turbines à gaz et autres questions existentielles

24 janvier 2008

Ceci est mon dernier message

Voilà, j'ai décidé de mettre fin à mes aventures bloggesques...

Pour differentes raisons que je préférerais ne pas développer...

P'tain je suis la reine du teasing...

Mais non, je déménage ! Départ vers de nouvelles aventures à l'adresse suivante :

http://sarmentanne.hautetfort.com

A très bientôt !

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Voilà, j'ai décidé de mettre fin à mes aventures bloggesques...

Pour differentes raisons que je préférerais ne pas développer...

P'tain je suis la reine du teasing...

Mais non, je déménage ! Départ vers de nouvelles aventures à l'adresse suivante :

http://sarmentanne.hautetfort.com

A très bientôt !

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20 janvier 2008

Aujourd'hui, c'est moi le coach

A quoi ressemble l'homme idéal? Grave question mesdames, sur laquelle il me semble opportun de nous pencher aujourd'hui. Il va sans dire que les éventuels lecteurs masculins sont les bienvenus, quoique à leurs riques et périls. Je ne parlerai pas du physique, qui comme chacun sait est une donnée entièrement subjective qui peut être ressentie de differentes façons. Par exemple, le leader de Tokio Hotel fait s'évanouir les adolescentes sur son passage à cause de son physique ravageur (du moins j'imagine que c'est à cause de son physique, il ne peut quand même pas s'agir de sa voix... enfin j'espère), mais moi il me laisse complètement indifferente. Bref je ne m'étendrai pas sur l'aspect extérieur de l'homme idéal, après tout chacun voit midi à sa porte. Mais pour le reste...

Il faut avouer que mis à part certains gros lourds irrécupérables, mais ceux-là ne valent même pas la peine d'être mentionnés, les hommes de notre génération ont fait d'énormes progrès par rapport à leurs grand-pères. Le trentenaire lambda d'aujourd'hui participe raisonnablement aux tâches ménagères, ne cherche pas à cantonner sa femme dans un rôle de femme d'intérieur, pense que le rôle du père ne se limite pas aux engueulades et s'interroge sur la nécessité de s'épiler les poils du torse. Il en a fait du chemin en quelques années, quand on pense que les hommes qui lui ont servi de modèle ne mettaient jamais les pieds dans un supermarché et pensaient que se regarder plus de trente secondes dans un miroir était un signe d'orientation sexuelle vacillante . Bref des progrès immenses ont été accomplis, c'est indéniable. Mais puisque nous sommes sur la voie de l'accomplissement, voici quelques conseils destinés à ceux qui souhaitent parvenir à la quintessence de la perfection. Entre d'autres termes, Messieurs, voici comment faire pour que les femmes vous trouvent irrésistible - attention tout est affaire de proportions, n'en faites pas trop.

1) ne cherchez pas à vous inventer des loisirs qui vous feront paraître à votre avantage. Inutile par exemple de prétendre avoir envie de partir visiter la Terre de Feu avec un sac à dos pour tout bagage, si votre conception d'un week end réussi consiste à aller visiter le salon du Tuning. Je suis consciente qu'un mec qui a bourlingué autour du monde paraît beaucoup plus sexy que celui qui consacre ses samedi après-midi à s'occuper de sa Subaru Impreza, mais autant choisir la franchise ça vous évitera de vous retrouver avec deux aller-simple pour Ushuaia. En bref, assumez votre personnalité, enfin jusqu'à un certain point. Ce qui nous amène au point n°2.

2)Soyez attentionné. Même si vous pensez au fond de vous qu'en ces temps de libération de la femme, tout ça n'a plus aucune importance, ne le montrez surtout pas. Même si vous avez en face de vous une femme qui se prétend indépendante de toutes ces conceptions d'un autre âge. Attention tout de même. Etre attentionné ce n'est pas faire le tour de la voiture pour aller ouvrir la portière à la femme qui vous accompagne, ni insister pour porter un sac de courses qui ne contient que trois tomates, ce genre d'attitude aurait plutôt tendance à infantiliser (ou à  énerver, c'est selon) la personne qui vous accompagne. Non, être attentionné, c'est par exemple penser à rapporter du chocolat du supermarché alors qu'on ne vous a rien demandé, et en plus, ne pas se planter sur la marque. Etre attentionné, c'est envoyer un mail ou un SMS de temps en temps (de préférence drôle, pas dégoulinant de sentimentalité) en faisant référence à un détail d'une conversation précédente . Attention : un message c'est agréable et toujours bienvenu, dix c'est lourd. Encore une fois, tout est affaire de mesure.

3) Même si vous pensez par devers-vous (et peut-être avec raison, mais ça c'est une autre histoire) que votre femme possède une garde-robe plus que suffisante, admirez la 64è paire de bottes sans faire aucune réflexion sur son prix.Et évitez à tout prix de demander en quoi elle se différencie de la 63è, parce que même si vous n'avez pas tort, ce genre de réflexion est INUTILE et ne peut vous attirer que des ennuis. Vous êtes intelligent, votre femme aussi, contentez vous donc de trouver que ça lui va très bien et elle fera semblant de vous croire. Tout le monde sera content et les vaches seront bien gardées. Avantage immédiat : vous passerez pour un homme tolérant et au fait de la mode (puique même si vous n'y connaissez rien vous aurez approuvé son choix sans réserve), et vous marquerez encore des points.

4) Les patchs à points noirs, ça n'est pas fait pour les chiens.

5) N'hésitez pas à montrer vos sentiments, faites même un effort pour les exprimer (est-il besoin de le répéter, les hommes qui se la jouent viril et silencieux c'est complètement surfait). Attention, exprimer ses sentiments ne veut pas dire déclarer son attachement en récitant une déclaration préparée à l'avance avec un bouquet de roses rouges un soir de Saint Valentin. Exprimer ses sentiments c'est ne pas laisser l'autre dans le flou et avoir l'élégance de la tenir au courant de ce qui se passe dans votre tête. Donc plutôt que de vous enfermer dans un silence dédaigneux et/ou blessé, dites-lui que ça fait une semaine que vous n'avez pas fait l'amour et que ça commence à vous gonfler grave.

6) Soyez sûr de vous, mais surtout pas trop. Ne croyez pas que se taper dessus pour une place de parking ou une réflexion désagréable vous rendra plus viril à ses yeux.  Au contraire.

7) Soyez rassurant, lors de ses inévitables crises d'angoisse devant la balance/les rides/sa carrière professionnelle etc. Evitez les réflexions du genre : "il faudrait que tu te reprennes en main, "t'as pensé au Botox", " tu te fais exploiter dans cette entreprise". Parce que vous vous exposez tout simplement à un retour de baton cinglant quand vos cheveux commenceront à tomber ou que vous aurez foiré un contrat. Et à moins que vous soyiez certain de garder à tout jamais votre opulente chevelure ou votre emploi, restez prudent.

Cette liste n'est pas exhaustive, mais quand vous serez au top sur ces sept premiers objectifs, on en reparle. Tous mes voeux de réussite vous accompagnent.

Posté par sarmentanne à 17:03 - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 janvier 2008

Un jour j'irai à New York avec toi

Sans vouloir reprendre le sujet du billet précédent, je sais qu'il est (encore une fois) de bon ton quand se veut original de trouver que les américains sont lourdauds, stupidement patriotes et persuadés de leur supériorité. Ce n'est pas forcément faux, en tout cas pour certains. Mais en ces temps de sarkozysme aigu, on pourrait en dire autant des français. Donc mon propos aujourd'hui n'est pas de démontrer la supériorité d'une culture par rapport à une autre, mais plutôt de vous  raconter des conneries comme d'habitude , faire partager mon expérience et de vous expliquer pourquoi j'irais bien habiter aux Etats-Unis. Et puis, puisque je ne suis pas à une contradiction près, pourquoi je n'irai pas.

POUR :
- Parce que l'accent français est à la fois ultrachic et très sexy. Et qui résisterait à la tentation d'être en permanence utrachic et très sexy, même avec un pull Damart ? (Je n'en ai pas, c'est pour l'image)
- Parce que le simple fait de savoir faire une omelette fait de vous la fille spirituelle de Bocuse.
- Parce qu'en comparaison avec la plupart des femmes, je suis d'une minceur qui frise l'insolence, voire la provocation.
- Parce que je l'ai déjà fait. Bon, seulement 6 mois, mais quand même.
- Parce que la-bas, j'ai vécu une aventure torride avec Brad Pitt. Non, en fait il s'appelait Alex et c'était mon voisin. Mais c'était torride quand même.
- Parce que certains paysages sont à tomber par terre, et que beaucoup de villes sont hallucinantes. Pas forcément pour leur beauté, mais par l'effet de gigantisme. Et contrairement à certains, le fait de se sentir tout(e) petit(e) ne m'a jamais dérangée. Mais je ne suis pas un homme, ceci doit expliquer cela.

Et je vous entends d'ici penser "ah oui, encore une qui a été nourrie de films de daube genre "Nuits Blanches à Seattle" ou  "Sex and the city". Encore une qui croit que New York ressemble aux vitrines des Galeries Lafayette en décembre, mais non, même pas. D'ailleurs je ne connais pas New York. Non moi c'est plutôt la Côte Ouest, Malibu, Hollywood et San Francisco, je sais je sais, on fait ce qu'on peut.

Mais malgré tout ces avantages indéniables, il y a quand même encore quelques détails qui m'empêchent de remplir le formulaire d'obtention de la green card.

- s'il y a bien un sport que je déteste encore plus que le foot, c'est bien le foot américain. Et rien qu'au mot baseball, je fais des crises de tétanie. 
- impossible de trouver le moindre pot de crème fraiche sur tout le territoire. Le concept n'existe pas, je sais, c'est incroyable. Et je ne vous parle même pas du saucisson.
- leur président de la république est un fou dangereux.  Quoique, ici, ce ne soit pas forcément mieux.  Voilà maintenant, à cause de mes écrits subversifs, me voilà fichée à la DST et à la CIA.
-  En fait, Alex (l'aventure torride, cf plus haut) n'était pas américain, mais brésilien. Donc bon, ça n'est pas forcément pertinent comme argument. En même temps je ne suis pas en train de faire une dissertation en trois parties (Papa, si jamais tu passes par là...)

Donc finalement, pas de green card pour moi. A moins d'envisager d'ouvrir une succursale de Bridélice là-bas... oui ça c'est du concept porteur. P*tain va falloir que je bosse ma stratégie marketing. 

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09 janvier 2008

Je fais ce que je veux avec mes cheveux

J'en ai marre de tous ces gens qui sont persuadés qu'ils ont le monopole du bon goût. De ceux qui décident unilatéralement de la conduite à tenir en toutes circonstances. De ceux qui ricanent quant on a le malheur de déroger à leurs codes. Et j'en ai marre aussi d'être esclave de l'opinion des autres et de mener un combat perdu d'avance pour échapper à la beaufitude. Aujourd'hui donc, je passe au confessionnal, je m'en vais vous révéler tout ce qui fait que je ne serai jamais membre du clan des gens classe et que malgré tous mes efforts, je resterai éternellement une ploucasse de base. Du moins selon les codes d'aujourd'hui.

raison n°1 :  Je suis une adepte du chocolat au lait. Pour être classe, il faut n'apprécier que le noir à 99° de cacao, dont les fèves sont recueillies à l'aube par des paysans qui travaillent dans le cadre du commerce équitable. Pour moi, rien ne remplacera jamais le chocolat au lait industriel avec du riz soufflé. 

raison n° 2 : Je ne frémis pas d'horreur quant on me sert du Sauternes avec une entrecôte. Je suis au courant que ce n'est pas forcément la meilleure association, mais ça m'est égal. Et pour peu que le vin soit bon, je suis même capable d'apprécier.

raison n° 3 : Il m'arrive d'aller au Mc Do et de trouver ça plutôt pas mauvais. Je sais QU'IL NE FAUT PAS et que la seule solution d'alimentation viable est de se faire livrer un panier de légumes de saison par la coopérative bio du coin. Ben je fais les deux, et je ne m'en porte pas plus mal.

raison n° 4 : Je  lis avec plaisir tous les magazines féminins, même Femme Actuelle ou Maxi. Je sais qu'il est de bon ton de dire que l'on déteste cette litterature qui nous pousse à la consommation d'objets chers et inutiles. C'est tout à fait vrai d'ailleurs. Mais ça ne m'empêche absolument pas de me plonger tous les mois dans Cosmo et de baver sur le sac Chloe que je n'aurai jamais. Comme toutes les françaises moyennes.

raison n° 5 : Je regarde la plupart des émissions débiles à la télévision au moins une fois. J'ai vu "Super nanny", "C'est du propre", ou "On a échangé nos mamans". Ok, ça n'est pas particulièrement enrichissant,  mais j'assume. Je ne prétends pas, comme beaucoup "être tombé dessus par hasard" ou "l'avoir vu au Zapping". Non, j'ai regardé de mon plein gré une émission stupide, et en plus j'ai trouvé ça marrant. Mon cas est grave.

raison n° 6 : Pour mes prochaines vacances, je n'ai aucune envie de partir en trek au Mali pour aller à la rencontre des populations locales. C'est d'ailleurs réciproque à mon avis. Je n'ai pas non plus envie d'aller m'enfermer au Club Med pendant 15 jours, mais je réclame le droit de poser mes fesses sur un transat sans culpabiliser.

raison n° 7 : Je m'interroge beaucoup plus souvent sur l'intérêt de la mode des low-boots que sur les raisons du conflit israëlo-palestinien.  Ben oui, je suis superficielle, quelle découverte! Au moins, je le revendique.

raison n° 8 : Dans la même veine, je préfère lire Bridget Jones que le Monde Diplomatique.

Oui, le moment est venu de me flageller avec des orties en place de Grève. Allez-y, je suis prête.

Posté par sarmentanne à 22:53 - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 janvier 2008

Home sweet home

Les fêtes sont passées et on va enfin pouvoir faire un feu de joie avec le sapin de Noël. Rien de tel pour me mettre de bonne humeur et si l'on excepte :

- la gueule de bois qui dure une semaine
- la balance qui a fait une tentative de suicide
- un taux de cholestérol qui a bondi de 100%
- l'overdose de musique de daube

Tout s'est bien passé.

Que demande le peuple? C'est donc d'un pas guilleret que je suis rentrée de vacances, pleine d'entrain à l'idée de retrouver ma maison, mon ordinateur chéri et même mon boulot. Hélas, la nouvelle année si prometteuse m'a mise KO dès le 3 janvier. Alors que je venais de poser ma valise dans l'entrée, en chantant à tue-tête une ritournelle de Tino Rossi (c'est dire à quel point j'étais en forme), je me suis aperçue qu'il faisait un froid de loup dans ma maison. Une interrogation vertigineuse s'est formé dans mon cerveau : le chauffage serait-il en panne? Ben oui. J'ai fait le tour des radiateurs, marmonné quelques incantations, tenté la fermeté en leur ordonnant de se remettre en marche sur le champ sous peine de mise à la décharge immédiate, rien n'y a fait. Il faisait donc environ 4 degrés, et ma bonne humeur était sérieusement entamée. Elle l'est toujours d'ailleurs. Après vérification auprès des autorités chauffagesques, le verdict est sans appel : ce n'est pas réparable. J'ai donc découvert les joies du jogging en polaire et des moufles au petit déjeuner, on ne fait pas plus glamour. Il y a bien la cheminée, mais vous conviendrez qu'on ne peut pas TOUT faire autour d'une cheminée. Et que si dans les films on peut se prélasser nue sur une peau de bête au coin du feu C' EST PARCE QU' IL Y A UN RADIATEUR A COTE. En plus je n'ai pas de peau de bête, mais un tapis Ikea en bambou. J'aurais dû aller assassiner un ours dans les montagnes des Pyrénnées cet été au lieu de bronzer bêtement sur un transat, ça m'apprendra la prévoyance. Sur ce je vais  partir à la recherche d'une bassinoire à lit sur Ebay. Et je vous souhaite à tous une bonne année sans moufles.

Posté par sarmentanne à 21:47 - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 décembre 2007

Mais qu'est ce que t'as aujourd'hui?

"Mais qu'est ce qui ne va pas ? Je te sens contrariée."
"Tu es sûre que tout va bien? Parce que depuis quelques jours, tu es de mauvaise humeur."
"T'as passé une mauvaise soirée? Parce que tu as l'air fatiguée ce matin."

Voilà à peu près la teneur des commentaires dont je suis la cible en ce moment au bureau. Ca vient d'un bon sentiment me direz-vous, et vous aurez peut-être raison. Mais il n'y a rien de pire que le gens qui vous annoncent en prenant un air de commisération, qu'en plus de ressembler à une serpillère, vous êtes d'une humeur de chien. Surtout quand vous vous sentez tout à fait sereine et en forme et qu'en plus vous avez un fond de teint parfaitement en accord avec votre couleur de peau naturelle. Donc en ce moment, paraît que je suis une harpie au teint d'endive chiffonnée. Avouez qu'il y a de quoi se mettre en boule, même si au départ tout allait bien.
Donc si j'en crois mes collègues, je serais d'une humeur de dogue allemand et le pire c'est que je ne m'en étais même pas rendu compte. J'imagine ce que ça donnerait si j'avais décidé d'être franchement désagréable. Mais au bout de la huitième réflexion de ce genre, j'ai commencé à virer parano : se sont-ils tous donné le mot? Est-ce un nouveau type de blague de Noël? Ou bien serais-je réellement imbuvable ces temps-ci? (hautement improbable comme hypothèse vous en conviendrez, mais il faut explorer toutes les pistes). Eh bien, j'ai beau chercher, je ne comprends toujours pas.

Il faudrait probablement qu' habitée par l'esprit de Noël ambiant, je virevolte gaiement d'un dossier à l'autre, en faisant valser les chiffres de mes fichiers excel? Que je tape des rapports passionnants sur la concurrence au son de "Jingle Bells" que j'aurais mis en boucle dans le lecteur CD de mon ordinateur? Que je me déguise en lutin pour le buffet de fin d'année? Bref, que j'y mette de la bonne volonté, bon sang. Je vais y penser, promis. L'année prochaine. Oui.

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15 décembre 2007

Ma lettre au père Noël

Dans ma ville, la mairie (UMP, mais ça va sans dire) a eu une merveilleuse idée pour égayer notre bien sombre quotidien. Tirant parti de l'esprit de Nouèle qui règne sans partage jusqu'au 25 décembre (le 26, tout sera terminé, on recommencera à se détester cordialement les uns les autres), un énorme sapin a été dressé sur la place principale. Et les habitants, adultes comme enfants sont invités à y accrocher leur lettre au Père Noël. Les petits papiers ont donc fleuri, certains énumérant des listes de jouets pour enfants, d'autres des listes de jouets pour grands (i-phone, lapin-qui-danse-quand-tu-reçois-un-mail, canard de bain etc). Il y en a qui laissent des numéros de portable, des fois que Brad (ou Monica) serait dans le coin. Certains mettent même en doute l'existence de l'homme au manteau rouge, mais j'ai refusé de les lire, j'ai eu peur de vexer les rennes et qu'ils refusent de s'arrêter à côté de ma cheminée le soir fatidique. Mais comme je ne suis pas tout à fait au fait des opinions politiques du père Noël, j'ai un peu peur qu'il ne lise pas les lettres envoyées avec un cachet UMP. Je préfère donc confier ma lettre à la toile, en espérant qu'elle arrivera en Laponie sans encombre et qu'elle sera présentée à Santa Claus dans un plateau Ikea en pin.

Cher Père Noël,

Me revoici donc, comme chaque année, avec ma liste. Je ne voudrais pas t'encombrer de doléances, mais l'année dernière, j'avais demandé la liste complète des oeuvres de Shakespeare et dans mes souliers j'ai trouvé la collection intégrale de Barbara Cartland. Alors je te pose la question ouvertement, histoire de ne pas partir sur un malentendu cette année : tu te fous de moi, où tu as réellement pensé que je ne comprendrais pas l'intrigue du Roi Lear?  Parce que bon, se faire prendre pour une bille par le père Noël, c'est quand même l'insulte suprème, non? 

Bon ça n'était qu'un égarement dans notre parcours commun jusque-là sans accroc, je te renouvelle donc ma confiance cette année. S'il te plaît petit papa Noël, pourrais-tu m'apporter :

- un peu plus de temps. Ben oui, du temps pour lire, écrire, ou regarder béatement Dechavanne ou Nikos. Du temps pour faire du shopping, lire le Monde Diplomatique et Closer ou pour aller visiter le Mont St Michel en hiver. Bref des journées qui en se résument pas à bosser et dormir.
- une balance qui reste bloquée sur 50 kilos, même après 12 tablettes de crunch
- une entrevue avec 1) notre président, que je lui explique deux ou trois choses de la vie 2) Jean-Claude Trichet (le président de la Banque Centrale Européenne) histoire que je lui explique enfin ma conception des taux directeurs 3) Condoleeza Rice, pour lui dire d'arrêter de s'habiller chez Damart. 
- Des poubelles de tri sélectif au coin de ma rue. Parce que prendre sa voiture et faire cinq bornes pour réussir à vider ses poubelles c'est un coup à vous dégoûter de l'écologie.
- ah et par la même occasion, une lessive écologique qui marche (miss 400 clics, si jamais tu as une recette, parce que le Père Noël sur ce coup-là, je ne le sens pas).
- un chèque cadeau de 5000 € au Bon Marché.
(Si jamais tu dois choisir un seul cadeau parmi cette liste, je te suggère quand même le dernier. Mais tu fais comme bon te semble, évidemment.)

A lundi soir, donc. Avec toute mon amitié de consommatrice effrénée.

Sarmentanne

Posté par sarmentanne à 16:22 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 décembre 2007

Si j'avais su

Si j'avais su...

- que j'allais devoir supporter Heinrich, Helmut et tous leurs semblables germanophones (cf post précédent), je n'aurais jamais choisi allemand première langue au lycée. J'aurais du prendre italien. Les gros porcs se seraient appelés Luigi ou Rocco, ça aurait été plus classe, quand même.

- qu'elle allait me piquer mon amoureux deux ans plus tard, je ne me serais pas assise à côté de Christelle Colin en 6è B.(Les noms ont été changés, vu l'immensité de mon lectorat, je ne voudrais pas recevoir de colis piégé dans ma boîte mail).

- qu'il allait me larguer dix minutes plus tard, je ne serais pas sortie avec Nicolas Bardet de 3è A. Ou plutôt si, mais je l'aurais dégagé à la neuvième minute.

- que j'allais devoir en supporter les dramatiques conséquences dix ans plus tard, j'aurais appris à calculer correctement les pourcentages en cours de maths. Mais j'étais bien trop occupée à écrire "Nicolas" avec des coeurs dans mon agenda Chipie rose. Résultat, aujourd'hui je dois m'y reprendre à trois fois (les bons jours) pour calculer correctement un taux de TVA. Je survis, mais à peine.

- que j'allais me faire surnommer "Zora" pendant huit mois, je n'aurais pas tenté de me teindre en rousse. Depuis j'ai retrouvé mon brun d'origine, moins original, mais beaucoup plus passe-partout.

- que les leggings plissent aux genoux dès la deuxième utilisation, j'aurais évité d'en acheter dix d'un coup.

- que les jeans slim ne vont qu'aux mannequins moldaves de 16 ans, je ne serais même pas entrée dans cette cabine d'essayage. Ca m'aurait évité une semaine de remise en question de mes deux tablettes de chocolat quotidiennes.

- qu'à part Maïté, personne ne réussit parfaitement la blanquette de veau, ce soir-là,j'aurais décongelé une pizza. On ne peut pas être performant dans tous les domaines, moi je suis très forte au Trivial Pursuit. Je suis sûre que je lui mettrais six camemberts dans la face à Maïté si on jouait ensemble (Message personnel : Maïté, si tu lis ce blog, je serais ravie d'apprendre à faire de la blanquette sous ta houlette, mais pas à la télé.)

- que le terra cotta de Guerlain ne rend pas bronzée, mais orange, j'aurais évité de m'en tartiner consciencieusement le visage pendant des mois. Jusqu'à ce qu'une copine bien intentionnée me dise : "Tu devrais arrêter le massacre, on dirait que tu t'es barbouillée de jus de carotte." Des amies commes ça, je vous les recommande, ça remet les idées en place.

- que j'allais passer la soirée la plus mortelle de ma vie, je n'aurais jamais tenté d'impressionner mon copain de l'époque en insistant pour aller voir Wagner à l'opéra. J'ai cru mourir d'ennui. Lui a adoré, c'est à ce moment que j'ai compris que ça n'allait pas coller, nous deux.

- qui était Tokio Hotel, je ne serais pas passée pour une vieille chose ringarde aux yeux de mon voisin de 15 ans. Après vérification, je m'aperçois que je n'ai pas loupé grand-chose. De mon temps, c'était les boys bands. Musicalement c'était nullissime, mais au moins certains d'entre eux étaient agréables à regarder. Enfin bon, c'est mon avis de vieille chose ringarde, je sais bien que je ne peux pas comprendre ce genre de problématique, à mon âge.

La liste pourrait continuer longtemps, mais je sens que votre attention s'émousse. Je vous fais donc grâce de tous mes regrets, on passera aux remords la prochaine fois. Enfin peut-être.

Posté par sarmentanne à 01:21 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 décembre 2007

Le journal de la semaine

Petit résumé d'une semaine passée à tenter de vendre n'importe quoi à des gens qui n'en ont pas besoin :

*pour ceux qui n'auraient pas suivi, cela fait plusieurs semaines que je travaille comme une esclave à préparer un salon professionnel passionnant qui a eu lieu cette semaine.

Lundi : arrivée à destination, je m'aperçois que la clé de ma chambre d'hôtel ne fonctionne pas. Où plutôt qu'elle fonctionne trop bien car je me retrouve à 2h du matin enfermée à l'extérieur de ma chambre. Inutile de préciser qu'il fait un froid lapon mais que ni le père noël ni ses rennes ne sont venus m'aider. Je finis par me rendre à la réception de l'hôtel pour implorer de l'aide. Un jeune homme manifestement peu décidé à affronter le blizzard me répond qu'il suffit de donner un coup de pied sur la poignée. J'y retourne, et là, comme par hasard, la porte s'ouvre du premier coup.Miracle de Noël?

Mardi 9h: le salon commence, je suis hypermotivée et d'excellente humeur. Mardi 18h : j'ai les joues pleines de crampes à force de sourire bêtement et j'en ai assez de répéter éternellement le même discours. En plus, y'avait que des sandwichs thon-mayonnaise au buffet et on dira ce qu'on voudra, le thon-mayo, même mangé avec une distinction parfaite ça manque de glamour. Mardi 21h : repas de folie entre collègues au ... Buffalo Grill â côté de l'autoroute. Et dire qu'il y en a qui vont assister à des défilés de mode (hein Louise?) et qui se plaignent en plus!

Mercredi : Je ne sens plus mes pieds. Oui, j'ai des talons de 10 cm de haut, on ne sait jamais, j'aurais pu croiser Brad ou Bixente...( En fait de footballeurs sexy, je n'ai vu que des hommes d'affaires aux cheveux gras avec montre en or, chevalières et gourmettes). Une telle masculinité, une telle virilité... j'en frissonne encore. Dîner avec des clients allemands, très occupés à tester mes capacités linguistiques à grands coup de bumsen, Arschloch et autres gracieusetés. Je ne traduis pas, inutile de vous polluer l'esprit.

Jeudi : troisième et dernier jour. Mes pieds se sont transformés en moignons sanguinolents, même si ayant abandonné tout espoir de croiser Jude au détour d'un stand de turbines à gaz, j'ai troqué mes escarpins contre des ballerines. J'espère d'ailleurs que Jude est en sécurité à Hollywood parce que vu mon état je risquerais de lui faire peur. La veille,  je me suis couchée (seule je précise) à 3h, après avoir convaincu Heinrich et Helmut de ne pas me jeter dans la piscine de l'hôtel. Bref, j'ai des cernes jusqu'aux genoux, et même le maquillage le plus expert n'a rien pu faire. Le directeur général me lâche un méprisant : "Il faudrait arrêter de faire la fête alors que vous êtes censée travailler, ma petite" Consciente que mon avenir dans cette entreprise se joue sur ma capacité à me maîtriser, je m'abstiens de lui dire que j'ai tenu compagnie à ces gros porcs uniquement par conscience professionnelle et que ma soirée idéale ne consiste pas à observer des hommes de cinquante ans jouer à celui qui descendra le plus de vodkas. Je m'abstiens donc, mais difficilement. Jeudi 18h : le salon touche à sa fin, tout le monde est content, le chiffre d'affaires du trimestre est assuré. Tous les commerciaux se retrouvent au bar, pour fêter l'augmentation prévue de notre prime d'intéressement. Je tente de m'éclipser mais je croise sur le chemin de la sortie,  Heinrich, Helmut et Kenny, leur homologue américain. Terrorisée à l'idée de devoir passer une soirée de plus en leur compagnie, je fais semblant d'avoir fait tomber mes lentilles de contact sur la moquette et je pars en courant dès qu'ils ont le dos tourné.

Vendredi : retour au boulot, l'oeil torve et le teint verdâtre. Je passe la journée à lutter contre le sommeil. Je reçois quelques mails dont un d'Heinrich et Helmut me remerciant pour cette super soirée. Au moment où j'envisage de changer de métier, d'entreprise et même de pays, je m'aperçois qu'il est 17h. Je décide de remettre mon changement d'identité à la semaine suivante et de rentrer me coucher. Mais je jure que si j'entends de nouveau parler d'eux je demande protection à la CIA. 

Posté par sarmentanne à 00:30 - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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